Plaisia
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L'histoire de la mairie de Plaisia

Quelques vieilles photos  !!

 



Le papa de René Michaud

L'ancienne maison seigneuriale aujourd'hui appelé "Le château" par les habitants de Plaisia qui a abrité les patronnages parisiens dans les années 1940! 

Un peu d'histoire

Avant de s'appeler PLaisia, ce village a eu différents noms :

  • à l'origine : Villa Plaesiaci
  • Plaisiacum
  • Plaisiascum
  • Plaisy
  • Plésya
  • Plésia

Orgelet était, à l’époque romaine, un point central où venaient converger toutes les routes qui reliaient les différentes villes de la Séquanie à Mauriana, Antre, Genève et l’Italie. Les ingénieurs chargés d’ouvrir une communication entre cette ville et le haut Jura eurent d’énormes difficultés à vaincre ; mais le génie de Rome sut triompher de tous les obstacles.

La montagne qui sépare Orgelet de la Tour-du-Meix fut coupée à Plaisia sur une longueur de deux cents mètres et sur une hauteur moyenne de quinze mètres. Cette ouverture forma ce qu’on appelle aujourd’hui le Défilé des Roches. On reconnaît encore la place où furent jetés les matériaux provenant de ce percement. Le rocher qui sépare la Tour-du-Meix de la rivière d’Ain fut percé par un défilé encore plus gigantesque que le précédent pour aboutir à un pont qu’on nomma le Pont de la Pyle. Nous ignorons
pourquoi l’on chercha plus tard d’autres directions par Garde-Chemin, le Bourget et même par Bellecin.

A la Vie de la Pierre, et à la Crevasse sur Plaisia, on trouve des fondations d’anciens bâtiments et des fragments d’outils tranchants très informes ; d’autres débris de constructions se rencontrent fréquemment aux Chambrettes.

Ce village est par trop rapproché d’Orgelet pour ne pas avoir conservé des traces de paganisme. La Pierre Luysière était évidemment un monument druidique. Le nom même de Plaisia, Plasiacum, semble rappeler le culte de Cybèle, souvent surnommée Placia. L’antique église de Saint-Étienne, bâtie au sommet de la montagne du Chanois, remontait, ainsi que l’indique son vocable, aux premiers temps du christianisme dans cette contrée. Cette église et le village tout entier appartenaient, depuis une époque très reculée, à l’abbaye de Château-Chalon, qui s’en fit confirmer la possession, en 1165, par l’empereur Frédéric-
Barberousse.

Seigneurie : Plaisia formait une seigneurie particulière où l’abbesse de Château-Chalon avait la justice haute, moyenne et basse, qu’elle faisait exercer par un bailli ou grand-juge, un châtelain, un procureur et un sergent. L’exécution des coupables condamnés à mort était seule réservée aux officiers d’Orgelet.  La prison et le carcan étaient dans le four banal. Les audiences se tenaient sur la place publique. L’abbesse avait les langues de toutes les grosses bêtes tuées dans l’étendue de la seigneurie, les épaves, les lods à raison du douzième du prix, le patronage de l’église, la dîme sur Plaisia, Mérona et Marnézia. Les sujets étaient taillables et exploitables à volonté ; ils ne pouvaient quitter le village pour aller résider ailleurs qu’en abandonnant tous les biens qu’ils y possédaient, et ne pouvaient vendre leurs propriétés qu’entre eux. Aucune parcelle du territoire ne pouvait être possédée par des non-résidents.
Chaque ménage devait un cens de cinq sols estevenants pour l’usage du four et du bois de la Côte. Pour être reçu habitant, il fallait payer à l’abbesse un droit d’entrage de trente francs.
Par une charte de l’an 1232, Étienne II de Bourgogne avait renoncé, en faveur de l’abbaye de Château-Chalon, à tous ses droits sur Plaisia.
Entre le Grand-Étang d’Orgelet, la Tour-du-Meix, Crance et Ecrilles, s’étendait un vaste terrain dont les habitants d’Orgelet prétendaient jouir au préjudice de ceux de Plaisia. Des querelles s’élevaient chaque jour à ce sujet. L’abbesse, Jeanne de Clairvaux, porta ses plaintes à Jean de Chalon-Auxerre Ier. Michel de Gigny, ancien bailli de ce prince, Hugues de Salins, chevalier, Nicolas d’Orgelet, curé de Charchilla, et les conseillers de l’abbesse, se rendirent sur les lieux contentieux et proposèrent un arbitrage qui fut accepté. Par une sentence rendue au mois d’août 1301 par Jean de Gigny, bailli du comte d’Auxerre, Guillaume de Marigna, seigneur de Véria, chevalier, Girard de Dole, dit Pardessus, châtelain de Rochefort, et Amédée de Montaigu, professeur en droit, le territoire contesté fut attribué à l’abbesse et à ses gens, mais à la condition que tout ce qui resterait sans culture pendant un an et un jour pourrait être ensemencé par les habitants d’Orgelet, à charge de payer la dîme et les tâches à l’abbesse, et que le prince ne pourrait empêcher cette dernière de lever des tailles à volonté sur les sujets du monastère.

Une révolution éclata deux ans après. Les habitants demandaient à grands cris leur affranchissement et allaient en masse à Orgelet reconnaître Jean de Chalon-Auxerre pour leur seigneur. Nous ignorons quels moyens employa l’abbesse pour les soumettre. Nous voyons seulement que, par un acte dressé par Pierre de Montbéliard, notaire juré de la cour de Besançon, en présence d’Humbert dit Ramace, curé de Plaisia, du curé de Saint-Lamain et de plusieurs autres témoins, au mois d’août, tous les chefs de famille, au nombre de vingt-quatre, déclarèrent qu’ils reconnaîtraient désormais Jeanne de Clairvaux et les abbesses qui lui succéderaient comme leurs dames souveraines ; qu’ils seraient taillables et exploitables à volonté, et qu’ils ne pourraient s’avouer à aucun autre seigneur sous peine de confiscation de tous leurs biens.

Maison seigneuriale : elle était située au pied de la montagne que couronnait l’église Saint-Étienne et avait dans ses dépendances un bois de haute futaie de quarante journaux. Avant les guerres de Louis XI,cette maison était ordinairement habitée par quatre ou cinq religieuses de l’abbaye de Château-Chalon.
Elle fut entretenue ensuite comme simple bâtiment de ferme. Une visite faite par les officiers de l’abbaye, en 1738, contient la description d’un grand nombre de chambres, de jardins en terrasses, d’un portail et d’un bel escalier en pierre.

Église : Saint-Étienne était isolée au somment d’une montagne et d’un accès assez difficile. On ignore à quelle époque elle fut détruite. Il en fut reconstruit une autre à l’extrémité occidentale du village, qui était, au XVIe siècle, le centre d’une paroisse composée de Plaisia, Mérona et Marnézia. Une transaction passée le 28 mars 1559 entre l’abbesse Catherine de Rye, Pierre Grozon, vicaire de Pierre Lombard, curé, et les paroissiens, régla d’une manière définitive la quotité des droits curiaux, de la dîme et de la marguillerie.
L’édifice actuel, dédié à saint Étienne, se compose d’une nef, d’un choeur, d’un sanctuaire rectangulaire, d’une chapelle à droite de la nef et d’une sacristie. Au-dessus de la façade principale, s’élevait un frontispice percé de deux arcatures où étaient suspendues les cloches. Contre les murs de la nef règnent des bancs en maçonnerie, et de chaque côté de la porte d’entrée étaient des pupitres en pierre de taille, engagés dans les murs. On remarque dans l ‘église plusieurs tombes des seigneurs de Mérona et de différents prêtres de la paroisse.

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